Avec « Khamssa w Khmiss », Jaylann dévoile une célébration intime des femmes et du patrimoine marocain
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Après avoir conquis le public avec Ha Wwidi, devenu un phénomène viral et projeté jusqu’aux écrans de Times Square grâce à Spotify, Jaylann franchit une nouvelle étape artistique avec Khamssa w Khmiss. Ce titre, qui plonge au cœur de la mémoire marocaine, s’impose comme une déclaration d’amour aux femmes du pays et à l’héritage culturel qu’elles portent.
Depuis ses débuts remarqué dans The Voice Arab, Jaylann construit un univers où la voix est un vecteur d’identité autant que d’émotion. Avec ce nouveau morceau, elle choisit de mettre en lumière celles qui ont façonné son imaginaire : des femmes discrètes mais essentielles, dont la force se lit dans la constance, la transmission et la dignité. Khamssa w Khmiss devient ainsi un chant de gratitude, un geste artistique tourné vers celles qui transmettent la langue, les valeurs, les gestes et les histoires.
Sur le plan musical, l’artiste opère un retour revendiqué vers des sonorités locales. Le titre mêle ‘oud, loutar, bendir, violon et voix enregistrées en direct, avec une interprétation qui flirte avec l’intensité du chaâbi et les respirations propres aux chants traditionnels. Jaylann assume une approche plus organique, presque brute, qui cherche à capter ce que les musiques populaires marocaines ont de profondément incarné.
L’ambition culturelle se reflète aussi dans l’esthétique du clip réalisé par Farid El Malki. Tourné au Chellah, un lieu chargé d’histoire et de symbolique pour la chanteuse, il prend l’allure d’un manifeste visuel. Le site devient un écrin pour un véritable voyage textile. Sous la direction de la styliste Bouchra Ennokra, accompagnée de Fati Mez et Amal Benayad, une vingtaine de tenues traditionnelles issues de différents territoires du pays sont mises en scène : caftan fassi brodé à la ghorza, haïk d’Oujda, caftan rabati, caftan tetouanais, malhfa sahraouiya, tenues d’Errachidia ou d’Essaouira.
Ces vêtements ne sont pas filmés comme des pièces de musée, mais comme des traces vivantes d’un Maroc pluriel. Chaque apparition devient un fragment de mémoire : textures, couleurs, attitudes, gestes. Les femmes qui les portent ne jouent pas un rôle, elles incarnent un héritage. La chorégraphie de Zakaria Bennane accompagne cette démarche en créant une dynamique qui évoque autant la transmission que la célébration.
Derrière Khamssa w Khmiss, on retrouve un travail collectif : Jaylann et Beathoven à l’écriture et la composition, Beathoven et Mourad El Madani aux arrangements. Ensemble, ils façonnent un projet qui dépasse le simple cadre d’un single pour entrer dans celui de la contribution culturelle.
Dans un paysage musical dominé par le format et la rapidité, Jaylann propose une œuvre qui revendique le temps long : celui de la mémoire, de l’héritage, de la fierté partagée.
À travers ce titre, la chanteuse affirme une conviction : modernité et tradition ne s’opposent pas. Elles coexistent, se nourrissent, et donnent naissance à un Maroc artistique résolument tourné vers l’avenir sans rompre avec ses racines.
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