La galerie Abla Ababou explore l’esprit du jeu à travers une exposition collective audacieuse
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À l’occasion de la CAN 2025, la galerie Abla Ababou à Rabat dévoile Jeux d’Artistes, une exposition collective présentée du 18 décembre 2025 au 16 janvier 2026. Réunissant vingt artistes issus d’univers plastiques variés, l’événement propose une exploration sensible et multidimensionnelle du jeu, envisagé comme un langage universel, une mécanique créative et un miroir des émotions humaines.
Autour du football, symbole partagé de célébration et d’identités collectives, plusieurs artistes revisitent l’imaginaire sportif. Bouysramne Abdessamad métamorphose le ballon en une forme cosmique vibrante d’énergie collective, tandis que Meriem Aït Tagadirt fait surgir des visages suspendus dans des bulles d’enthousiasme. Ilias Selfati, lui, revisite le coup de tête de Zidane en 2006, un geste mythique chargé d’ambivalence, oscillant entre héroïsme et chaos.
D’autres œuvres interrogent le jeu sous l’angle du hasard, de la fragilité ou du rituel. Mohammed Arrhioui recompose des coquilles d’œuf en paysages silencieux où tension et finesse dialoguent, tandis que Jamil Bennani emprisonne une balle dans le plexiglas, laissant le hasard modeler la matière. Avec Freedoom, Ahmed Aboulanouar transforme le jeu en dispositif critique, révélant les forces invisibles qui nous contraignent, alors que Hicham Matini analyse les mécanismes de l’influence médiatique comme autant de règles tacites qui orientent nos perceptions.
L’enfance et la mémoire occupent également une place centrale dans l’exposition. Margaux Derhy revisite ses archives familiales, Sabrine Lahrach explore l’intuition textile de souvenirs recomposés, Guy Calamusa laisse l’enfance guider le geste, et Azzedine Baddou capture photographiquement l’écart entre souvenir et réalité. Flo Arnold suspend le mouvement en arabesques lumineuses, Itaf Benjelloun assemble fer, terre et bois en personnages-poèmes, tandis que Christophe Miralles propose un Kamasutra pictural où la couleur devient langage.
Avec leurs expérimentations visuelles, Christian Goetghebeur libère la couleur du cadre, Walid Bendra invente d’autres réalités par l’analogique, et Andy Baille construit des images où ombres et lumières dialoguent. Nafie Benkrich élève des objets ordinaires en artefacts précieux recouverts de plumes et d’or, Mounat Charrat transforme une pièce de puzzle en miroir intime, et Hamouda Mouzouna interroge l’existence comme un terrain mouvant entre lumière et obscurité.
À travers cette diversité d’approches, Jeux d’Artistes offre un véritable parcours immersif, où chaque œuvre devient un terrain à explorer, une règle à réinventer, une émotion à partager. Une célébration du jeu comme moteur de création, de réflexion et de lien — en parfaite résonance avec l’esprit fédérateur de la CAN 2025.





