Lalla Malika El Fassi : une pionnière de l’indépendance marocaine qui inspire encore aujourd’hui
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Dans l’histoire marocaine, Lalla Malika El Fassi brille comme une figure singulière : la seule femme à avoir signé le Manifeste de l’indépendance en 1944. Tout à la fois militante, intellectuelle et éducatrice, elle a marqué de son empreinte la lutte pour la liberté nationale, tout en défendant les droits des femmes à une époque où ces combats étaient loin d’être acquis. Alors que le Maroc commémore en 2026 le 72ᵉ anniversaire de ce manifeste historique, son parcours inspire des initiatives contemporaines visant à promouvoir l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes.
Une jeunesse éclairée par l’éducation et la modernité
Née en 1912 à Fès, Lalla Malika El Fassi appartient à une famille prestigieuse ancrée dans la tradition culturelle et religieuse marocaine. Son père, Mohammed El Fassi, intellectuel moderniste et fondateur de l’Institut des Hautes Études Marocaines, lui ouvre les portes d’une éducation rare pour une fille à cette époque. Elle excelle dans les sciences religieuses et les langues, obtenant même un diplôme de la Zitouna de Tunis, un exploit exceptionnel pour une femme de son temps.
Cette éducation lui donne non seulement une solide culture religieuse, mais aussi une conscience aiguë des enjeux de son époque. Dans les années 1940, lorsque le Maroc est sous le joug du protectorat français, elle s’engage dans les réseaux nationalistes, animant des groupes de réflexion et organisant des réunions clandestines sous couvert de cercles d’étude coranique. Cette double vie témoigne de son courage et de sa détermination à contribuer à la lutte pour l’indépendance.
Une signature féminine au cœur de l’Histoire
Le 11 janvier 1944, le Manifeste de l’indépendance est présenté sous l’égide d’Allal El Fassi et de ses compagnons. Ce document, revendiquant la fin du protectorat français et l’instauration d’une monarchie constitutionnelle, est signé par vingt-six personnes, parmi lesquelles une seule femme : Lalla Malika El Fassi. Ce geste symbolique transcende les frontières genrées, affirmant que la quête de liberté nationale est une responsabilité commune, hommes et femmes confondus.
La signature du manifeste place Lalla Malika dans une position unique. Elle devient une voix féminine dans un domaine largement dominé par les hommes, tout en continuant à militer discrètement. Elle s’investit dans la presse clandestine, rédigeant des articles sous pseudonyme pour sensibiliser à l’importance de l’instruction féminine. À une époque où l’analphabétisme touche près de 90 % des Marocaines, son plaidoyer pour l’éducation anticipe les réformes qui suivront l’indépendance.
Un héritage toujours vivant
Décédée en 1996, Lalla Malika El Fassi a laissé un héritage discret mais profond. Depuis 2003, son visage orne un timbre-poste émis par Poste Maroc, et plusieurs écoles portent son nom. En 2026, son rôle est mis en lumière à travers des expositions virtuelles organisées par le Ministère de la Culture, utilisant des archives numérisées pour raconter son histoire à une nouvelle génération.
Ce regain d’intérêt pour son parcours s’inscrit dans un contexte où les femmes marocaines jouent un rôle croissant dans la société. Le gouvernement actuel met en avant des programmes comme « Génération Green 2030 », qui vise à inclure 40 % de femmes dans les projets d’agriculture durable. Parallèlement, des réformes politiques récentes, comme l’amendement de la loi sur la parité électorale, visent à atteindre 45 % de représentation féminine aux élections communales de 2026.
Une vision universelle pour un avenir inclusif
Au-delà de ses contributions au nationalisme marocain, Lalla Malika El Fassi incarne une vision universelle de justice et de progrès. En tant que membre de l’Union des Femmes du Maroc, elle milite pour des réformes comme celles du Code de la famille, adoptées en 2004, qui élèvent l’âge du mariage et renforcent les droits des femmes. Son érudition en droit islamique lui permet de concilier tradition et modernité, une démarche qui inspire encore aujourd’hui.
Alors que le Maroc s’engage vers un avenir plus inclusif, avec des initiatives comme le Fonds d’Appui à l’Entrepreneuriat Féminin, doté de 2 milliards de dirhams en 2026, le parcours de Lalla Malika El Fassi rappelle que l’émancipation collective est un processus continu. Son héritage, mêlant foi, patriotisme et féminisme, reste une boussole pour construire une société plus équitable.





