Amal El Fallah Seghrouchni récompensée par le prix Méditerranée pour le développement numérique
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La ministre déléguée marocaine chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration, Amal El Fallah Seghrouchni, vient de recevoir le prestigieux Prix Méditerranée 2026 dans la catégorie Développement. Cette distinction, remise lors des Rencontres de l’Université Euro-Méditerranéenne de Fès (UEMF), sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, met en lumière son engagement pour une intelligence artificielle responsable et au service du progrès humain.
Une cérémonie empreinte d'émotion et de vision
C'est avec bonheur et humilité que la lauréate a accueilli cette récompense, lors d'une séance inaugurale dédiée à l’alliance des civilisations et à l’avenir de l’humanité face à l’intelligence artificielle. Dans son discours de consécration, les organisateurs ont salué en elle "cette nouvelle génération de décideurs qui réconcilie savoir, innovation et responsabilité". Ils ont particulièrement loué sa capacité à tisser des passerelles entre les mondes académique, industriel et institutionnel, favorisant des écosystèmes collaboratifs pour affronter les défis des transformations numériques.
Amal El Fallah Seghrouchni excelle dans la structuration de dynamiques innovantes, essentielles pour une gouvernance numérique efficace. Son parcours témoigne d’un engagement profond pour la formation et la transmission des savoirs, notamment en Afrique, contribuant à une souveraineté technologique durable. En plaçant l’humain, la culture et les spécificités locales au cœur du développement de l’IA, elle propose une vision équilibrée, ambitieuse et responsable du progrès technologique.
La cérémonie s’est déroulée en présence d’éminentes personnalités, dont le Conseiller de Sa Majesté, André Azoulay, et plusieurs ministres et invités internationaux. Michele Capasso, secrétaire général des Etats-Unis du Monde, a remis le prix avec une profonde admiration, soulignant l’importance de telles figures dans un monde marqué par des mutations accélérées.

Des lauréats unis par des valeurs communes
Le jury a également distingué Son Excellence Dr. Mohammad Bin Abdoulkarim Alissa, Secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, pour son action en faveur de la paix et du juste milieu. L’Alliance des Civilisations des Nations Unies (UNAOC), à l’occasion de son 20e anniversaire et représentée par son Haut-Représentant Miguel Angel Moratinos, a été primée dans la catégorie Institutions. Ces choix reflètent l’engagement partagé pour le dialogue interculturel et l’innovation au service de l’humanité.
Attribués par la Fondation Méditerranée et les Etats-Unis du Monde, ces Prix Méditerranée, créés en 1995, récompensent annuellement des acteurs du pourtour méditerranéen pour leurs contributions au développement, à la paix et à la coopération. Ils fédèrent aujourd’hui 181 pays et plus de 16 000 institutions, villes et universités, renforçant les valeurs communes face aux défis globaux.
Le contexte marocain : une stratégie numérique ambitieuse
Cette reconnaissance intervient dans un moment clé pour le Maroc, qui accélère sa transformation numérique via la stratégie "Maroc Digital 2030" et l’initiative "AI Made in Morocco". Amal El Fallah Seghrouchni pilote ces efforts pour intégrer l’IA dans les politiques publiques, simplifier les procédures administratives et renforcer les capacités nationales. Ces avancées visent à rendre l’administration plus accessible, transparente et efficiente, au bénéfice des citoyens et des entreprises.
Au Maroc, la transition numérique des administrations publiques s’inscrit dans une modernisation de longue date, initiée dès les années 2000. Elle englobe la dématérialisation des services, la rationalisation des processus et la formation des agents, avec un leadership fort pour surmonter les défis infrastructurels et réglementaires. L’OCDE souligne que l’IA peut automatiser les tâches internes, améliorer la prise de décision et détecter les fraudes, tout en favorisant des emplois publics de qualité.
L’Université Euro-Méditerranéenne de Fès, hôte de l’événement, joue un rôle pivotal dans cette dynamique. Créée en 2014 sous l’égide de l’Union pour la Méditerranée, elle promeut la recherche et l’innovation entre les rives nord et sud, avec un éco-campus accueillant jusqu’à 7 000 étudiants d’ici 2024. Ces Rencontres sur l’IA interrogent l’avenir des civilisations, plaçant le Maroc au cœur des débats euro-méditerranéens.

Vers une IA au service des peuples
Les partenaires institutionnels, tels que Sorbonne Université, l’UNESCO, les Nations Unies, le PNUD et Ai Movement, soulignent l’impact global de ces initiatives. Ils appuient la vision d’une IA qui respecte les cultures locales et favorise l’inclusion, particulièrement en Afrique subsaharienne. Dans un rapport récent, l’OCDE met en avant 200 cas d’usage de l’IA dans l’administration publique, de la santé à la justice, promettant efficacité et équité.
Cette distinction propulse le Maroc comme modèle de gouvernance numérique responsable. Elle invite à une réflexion urgente sur l’équilibre entre innovation technologique et valeurs humaines, dans un contexte de tensions géopolitiques et de recompositions mondiales. Amal El Fallah Seghrouchni incarne cette ambition : un numérique souverain, inclusif et tourné vers l’avenir.
Les défis persistent, comme la cybersécurité, la formation continue et l’accès équitable aux technologies. Pourtant, les avancées en dématérialisation et en IA générative, appliquées à la santé publique, l’éducation ou la fiscalité, annoncent des gains substantiels en temps et en ressources. Le Maroc, avec ses partenaires méditerranéens, trace la voie d’une administration "numérique dès la conception", centrée sur les données et les citoyens.
Grâce à des collaborations renforcées, le Royaume consolide sa position d’acteur clé dans la souveraineté technologique africaine. Cette prime au développement numérique inspire une dynamique optimiste : l’IA, outil de ponts entre les peuples, plutôt que de fractures.

