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Dette de sexe et devoir conjugal

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Un homme a-t-il forcément une idée de type sexuelle derrière la tête quand il offre un verre ou un repas ? Certaines jeunes femmes, mais aussi des hommes, le pensent. Le média d’analyses The Conversation explique que dans ce cas, le sexe est associé à une logique d'échange financier ou matériel. Par redevabilité, certain.e.s acceptent donc des expériences sexuelles, comme des caresses avec des personnes, largement, non désirées.

Une étude suisse menée par la Haute École du travail social sur des jeunes s'est intéressé aux "dettes de sexe" : des rapports non désirés que certaines femmes et hommes acceptent par sentiment de redevabilité. L’occasion pour nous cette semaine, de nous pencher sur les fausses représentations sur le sexe, qui est vu dans certains cas, comme un échange de faveurs.

Le sexe, une question de (fausses) représentations ?

La sexualité, comme d'autres pratiques sociales, peut être comprise comme un espace où les rapports de sexe se matérialisent. Si les femmes se sentent davantage redevables de sexe que les hommes, c'est qu'elles sont soumises à des attentes de comportements liés à un système de représentation binaire de la sexualité appelé l'hétéro normativité.

Dans cette logique, les rôles sexuels des hommes et des femmes sont compris comme étant différents et complémentaires : la sexualité masculine est caractérisée par l'assertivité, la performance sexuelle, la virilité et le désir sexuel est associé aux besoins physiologiques. La sexualité féminine, d'ordre relationnel, est liée à l'affectivité et à la conjugalité.

Plusieurs études montrent que ces représentations sont profondément encore aujourd'hui majoritaires dans nos sociétés. Les résultats de l’étude citée plus haut vont dans le même sens et mettent en exergue que l'ordre hétéro normatif engendre ce qu'on peut appeler des «dettes de sexe».

La logique de redevabilité est révélatrice de l’asymétrie des rapports sociaux de genre

Du côté des jeunes femmes, les analyses de The Conversation montrent que « si elles se retrouvent plus souvent que les jeunes hommes à accepter des transactions sexuelles non souhaitées, c'est parce que dans «l'ordre du genre», la sexualité féminine est posée comme une «dette de sexe» qui les amène à se sentir redevables face aux attentes sexuelles des hommes. »

Ainsi, femmes et hommes se rejoignent dans la complémentarité de leurs «dettes de sexe», mais dans un rapport hiérarchisé : les femmes pensent ne pas avoir d'autre choix que d'offrir leur sexualité en réponse aux attentes présumées des hommes, auxquels elles confirment qu'ils n'ont pas d'autre choix que de se montrer désirants, disponibles sexuellement et performants.

Le sexe matérialisé

Cette étude montre que, dans ce type de situation, les femmes vont avoir tendance à accepter des expériences sexuelles par compromis mais sans en avoir vraiment envie. Pourquoi acceptent-t-elles ?

Parce qu'elles se fondent sur les attentes sexuelles supposées des hommes, qui reposent sur un préjugé : les hommes ont, par nature, plus de besoins sexuels que les femmes.

Il y a une forme de contrainte implicite qui est problématique et plonge la notion de consentement dans le flou : la femme est objectivement consentante, mais le rapport sexuel s’apparente plus à une transaction née d’une négociation silencieuse.

On est face à un symptôme de rapport de sexe. Dans de schéma relationnel, les positions sont déterminées par la nature du sexe : l'homme mérite de recevoir ceci, la femme doit offrir cela.

Mais il n'y en a pas un qui soit plus à blâmer que l'autre : ce rapport de sexe montre que les mécanismes de pensée des 2 genres sont biaisés : si les hommes sont supposés attendre quelque chose, ça implique aussi qu’ils seraient toujours disponibles et performants. Un autre cliché !

La seule solution pour déconstruire les ressorts qui créent les conditions de ce sentiment de « dette de sexe », c'est d'y réfléchir et d'en parler.

Riggenbach montre que même au sein de relations de couple plus stables, les femmes peuvent consentir à des relations sexuelles sans en avoir envie. Lorsque le désir sexuel diminue, certaines femmes se plient au désir du conjoint pour répondre à sa demande et faire exister le couple. C’est ce qu’on appelle plus communément, le devoir conjugal.

L’idée de Tabet confirme cette notion selon laquelle la sexualité des femmes serait dépossédée de motivation propre, ce qui expliquerait que les hommes doivent acheter cette motivation en leur offrant des faveurs (cadeaux, invitations au restaurant…) en contrepartie de leur sexualité

Or, ce que montrent ces exemples, c’est que non seulement nous ne sommes pas aussi libres que cela dans la négociation de nos compromis, mais que par nos comportements, nous contribuons à reproduire cet ordre hétérosexuel. De ce fait, nous reproduisons malgré nous, l’« ordre du genre ».

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