Hassan Hajjaj s’invite à Dar El Bacha pour une traversée des temps
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Depuis le samedi 24 mai 2025, le Musée des Confluences Dar el Bacha à Marrakech accueille l’univers visuel singulier de l’artiste Hassan Hajjaj à travers l’exposition « Dar el Bacha 1447 ». Pensée comme une immersion dans son processus créatif, cette exposition rétrospective — mais loin d’être figée — explore les notions de temps, de mémoire et de transmission.
Intitulée d’après l’année hégirienne en cours, « 1447 », l’exposition propose un regard en décalage avec le calendrier occidental dominant. Ce choix n’est pas anodin : il ancre l’expérience dans une autre temporalité, plus introspective, presque spirituelle. Hassan Hajjaj y livre une réflexion poétique sur le rythme de la création, sur l’inachevé et sur l’intervalle, ces espaces souvent négligés mais profondément féconds.
Les œuvres présentées, certaines inédites, couvrent plus de vingt ans de carrière et témoignent de l’enracinement profond de l’artiste entre Londres et Marrakech. Couleurs vives, motifs populaires, influences du street art et de la mode urbaine s’y entremêlent dans une grammaire visuelle désormais emblématique. Portraits photographiques, objets détournés, installations : chaque pièce raconte une histoire intime, mais s’ouvre aussi sur une lecture collective de l'identité, du souvenir et de la société.
Dans le cadre majestueux de Dar el Bacha, ancienne demeure du pacha de Marrakech devenue lieu d’art et de dialogue, l’univers de Hajjaj trouve un écrin à la hauteur de son intensité. L’exposition, organisée par la Fondation Nationale des Musées en partenariat avec l’artiste, invite les visiteuses et visiteurs à une déambulation sensorielle entre passé et présent, entre codes traditionnels et culture pop.
« Dar el Bacha 1447 », qui se poursuit jusqu’au 12 octobre 2025, s’impose déjà comme l’un des événements culturels majeurs de l’année. En donnant à voir des fragments de mémoire autant que des éclats de modernité, Hassan Hajjaj signe ici une déclaration d’amour à l’art marocain dans ce qu’il a de plus vivant, hybride et indiscipliné.
Une exposition à ne pas manquer, pour celles et ceux qui veulent voir comment un regard peut transformer le quotidien en œuvre et le souvenir en manifeste.





