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Le chagrin d’amitié, quand la passion amicale prend le dessus

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La rupture amicale révèle toujours une dimension passionnelle, une intensité émotionnelle qu’on ne soupçonnait pas jusque-là. Chez les femmes, elle est d’autant plus bouleversante qu’elle rompt une proximité physique et une intimité fusionnelle qui n’existent que rarement entre hommes. Elle renvoie à la séparation originelle entre la mère et l’enfant, au paradis perdu.

 

Quoi de pire, après l’osmose, que l’opacité brutale, l’autre qui redevient autre, la «  dé-fusion  » ? «  Lorsque l’amitié se brise, ça n’est jamais d’un commun accord, comme ça se passe pour les couples raisonnables, souligne Danièle Brun. La rupture révèle une ambivalence profonde, de l’hostilité, l’empiètement de l’une sur l’identité de l’autre. » Et c’est d’autant plus douloureux qu’on a idéalisé cette autre, qu’on l’a admirée éperdument, avant de se sentir dominée par elle.

 

Il y a tellement de fusion dans certaines amitiés, tant de motivations inconscientes que la rupture ampute mais qu’elle fait aussi grandir. Elle oblige, comme en amour, à inventer des liens plus adultes, moins dépendants. A moins qu’on ne préfère replonger.