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Le poids du regard d’autrui : le comprendre pour s’en libérer

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La crainte du jugement est générale chez l’être humain, puisque nous possédons tous nos propres peurs, insécurités, complexes et fragilités, et parfois, nous avons tendance à penser que le regard des autres les accentue. Alors est-il possible d’en faire abstraction, et de vivre pleinement sa vie sans se soucier de l’opinion que d’autres pourraient avoir nous concernant ?

 

Afin de savoir si nous pouvons nous défaire du regard et de l’influence d’autrui, il faut commencer par comprendre ou est ce qu’elle se situe avec exactitude. L’interaction étant au coeur de la vie en société, elle place naturellement la préoccupation quant à ce que les autres pensent de nous, comme une caractéristique fondamentale de l’espèce humaine. Il ne serait donc pas bénéfique de s’en détacher complètement. Ceci dit, il est essentiel de trouver un équilibre qui permette de préserver une activité sociale indispensable, sans que cette socialisation soit nocive pour notre santé psychologique et mentale. Car bien que le regard des autres favorise l’auto-évaluation, et quand il est positif, ses bienfaits sont innombrables, notamment la valorisation personnelle, ainsi que de ses compétences, ce qui automatiquement influe sur l’estime que l’on a pour nous même, ses avantages deviennent incertains, lorsque ce regard ne s’accompagne pas d’une expression claire et constructive quant à sa signification. Dans ce cas de figure, le jugement pèse lourd sur les épaules de la personne qui s’y sent confrontée, et devient source de véritables problématiques, causant des troubles de l’anxiété sociale, et créant ainsi un sentiment de mal-être, d’inconfort pouvant aller de l’anticipation angoissante, et des rumination mentales jusqu'à, dans un scénario plus dramatique, des crises de panique.

Des sensations, que le grand intellectuel Sartre, a dédié une grande partie de sa philosophie à expliquer.

 

« L’enfer c’est les autres »

 

Extraite de la pièce de théâtre « huis clos », cette citation de Jean Paul Sartre, porte en elle l’essence du malaise provoqué par le regard d’autrui. « Tous ces regards qui me mangent, ha, vous n’êtes que deux ? Je vous croyais beaucoup plus nombreuses. Alors, c’est ça l’enfer. Je n’aurais jamais cru. Vous vous rappelez le soufre, le bûcher, le gril, ah, quelle plaisanterie. Pas besoin de gril, l’enfer c’est les autres ».

On en comprend que la compagnie des autres est désagréable et peu ou pas du tout qualitative. Elle serait tellement insupportable, que pour Sartre, elle s’assimilerait à la présence en enfer. Mais en réalité, le message derrière est plus complexe. En effet, dans son ouvrage « l’être et le néant », le philosophe existentiel fait la distinction entre deux modes d’existences, l’en soi et le pour soi. 

Le premier se réfère à la manière d’être des éléments inanimés, qui n’ont pas de conscience, et donc n’ont même pas conscience d’eux même, ni de leur propre existence. Par conséquent, leur sens d'existence est donné par des paramètres externes. Par exemple, une chaise n’est une chaise que parce que nous la définissons et l’utilisons en tant que telle.

 

Pour ce qui est du pour soi, il relève de l’humanité relative au mode d’existence de ceux qui ont conscience de leur être, qui ont des pensées, des idées, et des émotions qui leur permettent de se définir perpétuellement. Ils se placent ainsi en maîtres de leurs propres existences. 

 

En quoi tout ceci a à voir avec le poids du regard des autres, me direz-vous, puisque le lien, pour l’instant, ne semble pas très évident ? Eh bien c’est assez simple, lorsque l’on est en présence des autres, ils nous perçoivent, non pas comme des pour soi, mais comme des en soi. Cela signifie qu’il donne un sens de leur point de vue à notre existence, tandis que nous tentons nous même, avec souvent une difficulté considérable, de nous trouver une identité satisfaisante, tout en étant conforme à la réalité. Il s’agit d’un combat de vie, déjà suffisamment anxiogène pour beaucoup d’entre nous, sans que l’impact de la vision d’autrui ne vienne s’additionner à cette équation. Et de là, nous assimilons avec précision la position de Sartre, quand il affirme que l’enfer c’est les autres !

 

Se délivrer du regard d’autrui

 

Pour être libéré de ce poids persistant et auquel il est impossible d’échapper, contenu de la nécessité de maintenir des rapports sociaux, il est utile de partir du principe du relativisme. Considérer que les jugements des autres ne représentent que leur propre façon de tenir compte d’une situation, et que celle-ci, n’implique personne d’autre qu’eux-mêmes. Le fait que quelqu’un ait une pensée spécifique sur vous, ne la rend pas plus vraie qu’elle ne l’est, et vous êtes seuls responsable de la valeur que vous choisissez de lui accorder.

Votre confiance en vous, ainsi que l’estime que vous vous portez ne dépend que de vous, et ne doit en aucun cas être impactée par la pression due au regard d’autrui. Gardez à l’esprit, que leur avis, totalement subjectifs, se construisent à travers divers paramètres qui, le plus souvent, concernent leur propres fragilités.

Il est donc primordial de toujours garder en mémoire, que la valeur d’une personne reste fixe et inchangée face aux jugements ou même aux moqueries des autres.

Enfin, le mieux reste de pouvoir s’entourer de personnes bienveillantes, et assez confiantes pour ne pas ressentir le besoin de refléter leur mal-être sur vous. 

Savoir accepter la remarque et le conseille est important, mais pour cela, il faut s’assurer de leur pertinence et de leur constructivité.

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