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Les Marocains et la pornographie

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Dans une société où l’éducation sexuelle est inexistante, les jeunes trouvent le moyen de s’éduquer grâce aux vidéos porno. Quand on sait que la quasi-totalité des millenials possède un smartphone avec une connexion à internet, il est très facile d’accéder à des dizaines de plateformes qui assouvissent toutes les curiosités, même les plus folles. Le fait est que la plupart de ces jeunes se font une idée de leur sexualité par la pornographie, qui finalement, est bien loin de la réalité.

1 – Le Marocain est fan de porno

Le Maroc est classé parmi les premiers pays du monde consommateur de pornographie. Bizarre quand on met en parallèle l’indignation qu’avait suscité le film « Much Loved » de Nabil Ayouch, jugé justement trop pornographique…

Avec l’avènement d’internet et du smartphone, il est devenu plus simple de consommer du contenu pornographique, sans risquer le scandale familial. Le sexe est une obsession pour le Marocain, tandis que la société marocaine dans son ensemble, continuer d’en faire un tabou et un sujet de honte en l’associant à la débauche.

«Il y a une grande frustration dans beaucoup de pays musulmans parce que le sexe ne se pratique pas avant le mariage. Et la moyenne d’âge du mariage augmente... Les gens parlent beaucoup de sexe, mais ils le font en catimini».

Shereen EL FEKI, médecin, journaliste, auteure de l’ouvrage La Révolution du Plaisir :

Au-delà de la frustration, il y a d’autres facteurs qui expliquent l’engouement des Marocains pour la pornographie. Le psycho-sociologue et universitaire Mohssine BENZAKOUR, a déclaré dans une interview pour le média Yabiladi. «Il y a une tendance sociale à ne pas accepter le sexe avant le mariage. La consommation de vidéos pornographiques intervient-elle pour des fins de masturbation ? Peut-être. Est-ce une voie vers la satisfaction sexuelle à travers le sexe virtuel ? Peut-être. Ou bien est-ce parce que nous interdisons d’accéder à son corps, à l’accepter et à le gérer... Mais nous manquons de statistiques qui puissent l'affirmer ou l'infirmer», reconnait-il.

La sexologue Amal CHABACH, ajoute dans la même interview : «Psychologiquement, il y a un rapport mal compris entre le Marocain et son corps. Un rapport de hchouma, basé sur l’ignorance à part quelque cours sur la "procréation" à l’école. Cette découverte peut être un facteur poussant le Marocain vers les films pornographiques. L’autre facteur social est celui de l’interdit, car toute chose interdite pousse un individu normal à la curiosité.»

2 – Le danger de l’éducation sexuelle par la pornographie

Le porno, consommé sainement (c’est-à-dire en ayant en tête que ce sont des acteurs, qui suivent un scénario et qui ont des physiques ne correspondant pas à la réalité), ne représente pas de risques. Il peut même s’inscrire dans une palette de jeux érotiques à réaliser avec l’élu de notre cœur.

Mais pour un adolescent ou un jeune adulte, il peut être dangereux d’associer sa sexualité aux pratiques que l’on retrouve dans les vidéos les plus populaires sur les sites pornos. Mohssine BENZAKOUR déplore : «l’adolescent trouve du "plaisir" en pensant qu’il s’agit d’une "satisfaction", car il n’a jamais découvert ce qu’est un attouchement, le rapport à l’autre ou l’amour. Il découvre donc le coït, mais rarement l’amour et la sexualité».

Le fait est que certaines personnes s’éduquent sexuellement en consommant de la pornographie, tout en continuant à évoluer dans un milieu de tabous, d’interdits et de culpabilisation liée au fait d’éprouver du désir.

En développant un fantasme en déphasage avec la réalité, «la porte vers l’addiction est ouverte et malheureusement cela crée beaucoup de problèmes au niveau de la vie de couple», enchaîne Mohssine BENZAKOUR, comme «l’insatisfaction, les fantasmes qui commencent à devenir un handicap, ou même les tentatives d’imiter ou demander des choses déjà vécues derrière un écran en croyant que c’est cela la vraie sexualité».

La sexologue marocaine Amal Chabach affirme que «la pornographie est un danger, dans le sens où elle réduit la femme et l’homme en des objets sexuels, en leur ôtant leur humanité ».

La consommation de la pornographie peut très vite se transformer en addiction, qui sera aggravée par l’absence de dialogue et d’explications entre les plus jeunes et leurs aînés. Le fait est qu’il est quasiment impossible de parler de plaisir sexuel avec ses parents, et la pornographie reste un moyen « safe » et sans risques de découvrir l’anatomie humaine et d’avoir une idée du sexe.

Si elle n’est pas à bannir, la pornographie est selon moi, à consommer avec modération ou avec beaucoup, beaucoup, de recul.

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