More L’Ftor : le Boultek transforme les nuits de Ramadan en expérience culturelle
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À l’occasion du mois de Ramadan, le Boultek transforme ses soirées en laboratoire artistique ouvert où se croisent sons, images et expériences collectives. Baptisée More L’Ftor, cette série de rendez-vous nocturnes programmés à 21h30 propose une lecture contemporaine des traditions, mêlant héritages musicaux, expressions urbaines et créations hybrides dans une atmosphère libre et accessible.
Une programmation pensée comme une expérience culturelle globale
L’initiative se distingue par une ligne curatoriale qui dépasse le simple concert. Chaque date est conçue comme une immersion sensorielle où la musique dialogue avec d’autres formes artistiques : projections, performances participatives ou installations visuelles. L’objectif affiché est clair : offrir un espace de découverte et de partage pour celles et ceux qui souhaitent vivre les nuits de Ramadan autrement, hors des formats conventionnels.
Gnaoua au premier plan : transmission et renouvellement
Le cycle s’ouvre le 26 février avec Maâlem Hamid El Kasri, figure majeure du répertoire gnaoua. Originaire de Ksar El Kébir, l’artiste est reconnu pour sa capacité à relier les influences du Nord et du Sud du Maroc à travers un style vocal puissant et un jeu de guembri particulièrement expressif, créant sur scène une intensité à la fois physique et spirituelle.
Le 8 mars, date symbolique marquant la Journée internationale des droits des femmes, la scène accueille SuperGnawa Girls. Ce collectif entièrement féminin, porté par l’initiative Gnaoua Culture, réunit Halima Boulkhair El Gourd de Tanger, Ijjo Beljaoui d’Agadir et le groupe Bnat Bambara de Casablanca. Leur performance met en avant une interprétation énergique où guembri, qraqeb et voix s’entrelacent, affirmant la place grandissante des artistes femmes dans cet univers musical longtemps dominé par les hommes.
Explorations sonores et formats immersifs
Le 3 mars, le producteur et DJ Mr. ID présente Aski – The Journey, projet né d’un périple musical à travers le Sud du Maroc. Inspiré par des étapes telles que Kelaât M’gouna, Zagora, Agdz ou Guelmim, ce travail assemble chants amazighs, rythmiques sahariennes et textures électroniques. La soirée prend la forme d’un parcours multisensoriel combinant performance live, exposition photographique issue du voyage et extraits d’un documentaire consacré à cette exploration sonore.
Le 10 mars, le chanteur Abdellah Ben Charradi propose Mirath, une expérience participative où le public devient acteur du concert. Grâce à un QR code donnant accès aux paroles, les spectateurs sont invités à chanter avec l’artiste, accompagné de quatre musiciens, autour d’un répertoire exclusivement marocain allant du chaâbi tetouani au chgouri maghribi.
Regards cinématographiques sur la culture populaire
Le cinéma trouve également sa place dans la programmation. Le 5 mars, le collectif Cinéma Lkhamiss investit le lieu pour projeter Daghmira Mon Amour (2022) de Mohamed Akram Nemmassi. À travers l’évocation d’une sauce traditionnelle du quotidien, le film propose une réflexion sensible sur la relation entre nourriture, mémoire familiale et identité sociale au Maroc, mêlant témoignages, archives et narration personnelle.
Une clôture en toute intimité musicale
La série se conclut le 12 mars avec un duo réunissant Nabyla Maan et Tarik Hilal. Dans une formule minimaliste voix-guitare, les deux artistes revisitent des pièces du patrimoine marocain et présentent des compositions originales teintées de jazz, de musiques du monde et d’influences contemporaines. Un final volontairement épuré, centré sur l’écoute et la nuance plutôt que sur l’effet spectaculaire.





