Saoussan Melehi à Dar D’art : quand le textile devient une sculpture monumentale
Partager
À travers sa nouvelle exposition intitulée « De fil en aiguille », l'artiste plasticienne Saoussan Melehi invite le public de Tanger à une immersion sensorielle du 8 au 31 mai 2026. Entre peinture, sculpture textile et installations organiques, son œuvre explore la mémoire du geste et la métamorphose des matériaux simples.
C’est une invitation à la lenteur et à la contemplation que propose la galerie Dar D’art pour sa programmation printanière. À partir du 8 mai prochain, les cimaises de l'espace tangérois accueilleront les recherches plastiques de Saoussan Melehi. Originaire d’Asilah et pur produit de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan, l’artiste y dévoile un travail de maturité, fruit d'une décennie d’expérimentations transversales.
Le rituel du fil : une genèse suspendue
Le cœur battant de cette exposition réside dans un procédé né au creux de l'isolement du confinement. Ce qui n'était alors qu'une occupation domestique — l’enroulement minutieux de laine autour de structures métalliques — s’est mué en un véritable rituel créatif. Pour Melehi, le fil n'est plus un simple composant, il devient une ligne graphique tridimensionnelle, oscillant perpétuellement entre la rigidité du support et la souplesse de la fibre.
Chaque pièce présentée semble avoir sa propre respiration. Les formes ne sont pas imposées ; elles émergent, se déploient et colonisent l'espace à partir d'un noyau central. Cette croissance organique, portée par la répétition quasi méditative du geste, confère aux œuvres une dimension temporelle palpable, où chaque tour de fil témoigne de la patience de la créatrice.
Une exploration tactile et chromatique
Loin de se cantonner à une seule technique, Saoussan Melehi dialogue avec les matières. Laine, papier recyclé et métal se répondent dans un jeu de textures et de reliefs qui sollicite intensément le regard et le sens haptique du spectateur. La surface de l'œuvre devient un paysage de sensations où les aspérités du papier et la douceur des fibres créent une proximité physique immédiate.
L'exposition « De fil en aiguille » révèle également une palette émotionnelle vibrante. Dans certaines compositions, la couleur s'invite comme une ponctuation nécessaire, traduisant des dynamiques intérieures et des éclats de mémoire. C’est une recherche continue sur le vivant, où la transformation de la matière inerte en objet d'art souligne la persistance de l'esprit créatif face à la contrainte.
Le vernissage, prévu le vendredi 8 mai à 19h, promet d'être un moment fort de la scène culturelle du Détroit, marquant le retour d'une voix singulière de l'art contemporain marocain.





