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Cinéma et télévision

Gabriel Navarro : le cinéma comme refuge

Cinéma et télévision

À 26 ans, Gabriel Navarro navigue entre ses racines franco-espagnoles et son lien étroit avec le Maroc. Auteur-réalisateur formé à Marrakech, il puise dans sa propre histoire pour créer des films sensibles, où se mêlent humour et quête de sens.

Né à Casablanca, Gabriel Navarro est profondément attaché au Maroc. “Le Maroc et moi, c’est comme une relation passionnelle. Je l’aime autant qu’il m’énerve parfois”, confie-t-il. C’est là qu’il a grandi, là qu’il a appris à aimer et à rêver. Il parle de ce pays comme d’un foyer imparfait mais viscéral, un lieu d’échos et d’inspiration.

Son identité multiple, il ne la revendique pas comme un étendard, mais elle imprègne sa manière d’être et de voir le monde. “Je suis un étranger partout.” Cette phrase, dite presque comme une évidence, en dit long sur sa capacité à s’adapter, à se glisser dans des mondes différents, à s’ouvrir. Une richesse, certes, mais parfois un vertige.

Du rêve adolescent à la comédie poétique

À l’âge de 17 ans, un professeur lui fait réaliser que, s'il le voulait, le cinéma pourrait devenir son métier. Jusqu’ici, Gabriel aimait écrire, filmer, créer sans se poser trop de questions. C’est là que sa passion devient une évidence. Il passe son bac pour intégrer l’ESAV à Marrakech, où il se forme en réalisation, jusqu’au master.

Gabriel Navarro s’inspire autant du cinéma américain des années 70 que de réalisateurs comme Klapisch, Jeunet ou Ricky Gervais. Mais ce qui le fait avancer, ce sont surtout les mots. Il écrit de la poésie, du slam et dessine. Il aime toucher à tout, sans se poser de limites.

Notre cinéaste parle de son style comme d’une “comédie poétique”. Il aime mélanger humour, métaphores visuelles, musique et émotions. Ce qu’il cherche, c’est raconter des choses profondes avec subtilité. Dans ses films, les personnages sont souvent un peu perdus. Ils cherchent un sens à leur vie, un équilibre, une raison d’avancer. La dépression revient souvent dans ses histoires, pas pour “plomber l’ambiance”, dit-il, mais pour mieux parler de cette envie de s’en sortir, malgré tout.

Vision et projets

Son court-métrage “VOILÀ” est né comme un cri du cœur. Un projet de fin d’études devenu petite capsule de sincérité. “J’étais très romantique, obsédé par l’amour. Je voulais parler de ça, de la jeunesse, de la désillusion”, raconte-t-il. Dans ce film, on suit deux jeunes qui s’aiment sans avoir les armes pour s’aimer de la bonne façon. “VOILÀ c’est un film de potes, tourné comme dans une colonie de vacances”, ajoute le cinéaste.

Aujourd’hui, Gabriel travaille sur un nouveau court-métrage, une production franco-marocaine. Une comédie futuriste sur le suicide. Pour lui, être réalisateur, c’est proposer plus de questions que de réponses au public, c’est offrir une autre vision du monde. “Ce que je préfère, c’est prendre un sujet pas drôle et le rendre drôle.” Et à ceux qui rêvent de cinéma, il glisse un conseil simple, presque enfantin : “Faites des trucs, même des trucs nuls. Écrivez, filmez. C’est en forgeant qu’on devient forgeron.”