Concert lyrique magistral à Casablanca pour clore 2025 en beauté
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Le rideau est tombé sur une soirée inoubliable au Théâtre Mohammed V de Casablanca, ce 28 décembre 2025. Baptisé "Voix d'Éternité", le concert lyrique organisé par l'Association des Amis de l'Opéra de Casablanca et soutenu par le Ministère de la Culture marocain a marqué d’une empreinte indélébile la fin de l’année culturelle. Plus de 2 500 spectateurs, suspendus aux notes de l’Orchestre Philharmonique du Maroc, ont été témoins d’un événement aussi majestueux que symbolique, reflétant le dynamisme artistique d’un pays en pleine effervescence culturelle. Sous la direction du maestro Stefano Montanari, des artistes de renom se sont unis pour offrir une performance mêlant tradition occidentale et inspirations maghrébines, dans une alchimie parfaite qui a conquis le public.
Une célébration de l’excellence artistique
Dans une atmosphère vibrante, ce concert a été bien plus qu’une simple prestation musicale. Il a incarné une véritable célébration de l’art lyrique, un domaine dans lequel le Maroc s’investit de plus en plus comme vecteur de rayonnement international. Le programme, soigneusement élaboré, a alterné entre des airs d’opéras italiens classiques, avec des extraits de Verdi, Puccini et Mozart, et des œuvres contemporaines inspirées du patrimoine andalou et maghrébin. L’un des moments les plus mémorables fut l’interprétation magistrale de « Nessun Dorma » par le ténor italien Andrea Bocelli, invité surprise de la soirée, accompagné par la soprano marocaine Fatima Zahra El Goumri. Leurs voix, en parfaite harmonie, ont emporté la salle dans une standing ovation de dix minutes.
Autre temps fort, une création originale signée Mehdi Nasser, compositeur marocain de renom, a enchanté le public. Cette aria inédite, inspirée de poèmes andalous, a démontré la capacité du Maroc à innover, en mêlant traditions locales et influences internationales. Parallèlement, les contributions de la basse égyptienne Amro Refai et du chœur polyphonique féminin dirigé par Leïla Zaimi ont ajouté des touches mystiques et envoûtantes, transportant les spectateurs dans un voyage musical inoubliable.
Un symbole de soft power culturel
Ce concert s’inscrit dans une stratégie nationale ambitieuse : faire du Maroc un pôle culturel majeur sur la scène internationale. L’inauguration récente du Grand Théâtre de Rabat en 2024, doté d’une acoustique de classe mondiale, ainsi que le plan Horizon Culture 2030, témoignent de cet engagement. Ce dernier prévoit un investissement de 1,2 milliard de dirhams pour les arts scéniques, avec des objectifs ambitieux : former 5 000 jeunes talents d’ici 2030, multiplier les événements culturels et moderniser les infrastructures artistiques.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, la fréquentation des spectacles lyriques au Maroc a augmenté de 35 %, notamment grâce à l’intérêt croissant de la jeunesse urbaine pour des formes de culture hybrides. Sur les réseaux sociaux, l’événement casablancais a eu un écho retentissant : le hashtag #ConcertCasablanca2025 cumule déjà plus de 500 000 vues sur Instagram et TikTok, propulsant des influenceurs locaux comme Amina Benali, journaliste culturelle, sous les feux des projecteurs.
Une scénographie à couper le souffle
Conçu par le scénographe franco-marocain Nabil El Azami, le décor du concert évoquait les riads de Fès baignés de lumière lunaire, avec des projections lumineuses inspirées des zelliges traditionnels. Cette mise en scène, alliant modernité et patrimoine, a sublimé les performances des 80 musiciens de l’Orchestre Philharmonique du Maroc. Ces derniers, sélectionnés parmi les meilleurs talents lors d’auditions tenues à Marrakech, ont su briller par leur virtuosité sous la baguette experte de Stefano Montanari, habitué des grandes scènes comme La Scala de Milan ou le Metropolitan Opera de New York.
Dans une interview accordée à Walaw Press, Montanari a salué l’énergie unique de Casablanca : "C’est un mélange rare de rigueur classique et de liberté créative. Le Maroc possède une identité musicale qui n’a rien à envier aux grandes capitales culturelles."
Une dynamique régionale en plein essor
Ce concert casablancais reflète une tendance plus large dans le Maghreb, où les arts lyriques connaissent une résurgence notable. À Alger, le Festival d’Opéra a attiré 40 000 spectateurs en octobre, tandis que Tunis prépare une saison 2026 marquée par des collaborations franco-arabes. Le Maroc, pour sa part, mise sur une approche inclusive et éducative. À Rabat, de nouveaux masters en direction d’orchestre attirent des étudiants d’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient, tandis que des ateliers gratuits pour enfants, comme ceux organisés à Casablanca le lendemain du concert, visent à démocratiser l’accès à la musique classique.
Les échos d’un renouveau culturel
Pour le public casablancais, cet événement a incarné une célébration de la résilience culturelle post-pandémie et une anticipation des opportunités culturelles à venir, notamment l’édition 2026 du Festival International d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence, où le Maroc sera à l’honneur. La diffusion en live-stream du concert, suivie par plus de 100 000 spectateurs à travers le monde, a également permis de toucher un public bien au-delà des frontières nationales.
Loin d’être un simple spectacle, "Voix d'Éternité" a posé les bases d’un renouveau lyrique africain. Avec des talents locaux rivalisant désormais avec les grandes étoiles internationales, le Maroc s’affirme comme un acteur incontournable sur la carte culturelle mondiale. Les échos de cette soirée mémorable résonneront longtemps, célébrant l’union des cultures et des générations autour de la musique, ce langage universel qui transcende les frontières.
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