Canicule : pourquoi la chaleur nous rend plus irritables
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Lorsque les températures grimpent fortement, ce n’est pas seulement notre corps qui souffre. La chaleur peut également peser sur notre humeur et notre comportement. Irritabilité, anxiété, frustration ou agressivité : plusieurs travaux scientifiques ont mis en évidence une association entre températures extrêmes et troubles de l’humeur.
Pourquoi devient-on plus irritable quand il fait très chaud ?
Avoir moins de patience pendant une période de canicule n’est donc pas forcément une simple impression. Certaines recherches ont observé une augmentation des comportements agressifs lorsque les températures atteignent des niveaux particulièrement élevés.
En 2022, des chercheurs de l’Institut de recherche sur l’impact climatique de Potsdam ont notamment observé une hausse des discours haineux sur Twitter lorsque les températures dépassaient 42 °C. D’autres études ont également relevé davantage de comportements violents dans certaines situations, notamment au volant. Une étude menée dans plusieurs grandes villes américaines la même année a ainsi associé les journées particulièrement chaudes à une augmentation du risque d’incidents impliquant une arme à feu.
La chaleur est également étudiée pour ses effets sur la santé mentale. L’Observatoire européen du climat et de la santé rapporte notamment des associations entre températures élevées, augmentation de certaines admissions liées à la santé mentale et risque accru de suicide.
Quand la chaleur fatigue aussi le cerveau
Pour comprendre ces changements de comportement, une première piste concerne nos capacités cognitives.
Lorsque le corps est soumis à un stress thermique, la concentration et certaines performances mentales peuvent diminuer. Des recherches menées par l’Inserm, le CNRS et l’Université Grenoble Alpes ont notamment étudié les conséquences d’une exposition à des températures élevées pendant la grossesse et les premières semaines de vie sur le développement de l’enfant.
D’autres travaux, réalisés auprès d’étudiants de l’Université de Boston pendant l’été 2016, ont montré que ceux qui dormaient dans des chambres non climatisées obtenaient de moins bons résultats à certains tests que ceux bénéficiant de chambres climatisées.
Or, lorsque nous sommes fatigués et que nos capacités cognitives sont moins efficaces, il peut devenir plus difficile de contrôler nos émotions et nos réactions impulsives. La frustration peut alors monter plus rapidement.
Le sommeil, un autre élément clé
Les nuits difficiles sont l’un des grands problèmes des épisodes de canicule. Lorsque la température reste élevée, il devient plus compliqué de dormir correctement.
Cette mauvaise qualité du sommeil peut à son tour influencer l’humeur, la concentration et la capacité à gérer le stress. La chaleur pourrait également modifier certains mécanismes impliqués dans la régulation de l’humeur, notamment ceux liés à la sérotonine et à la dopamine.
Une autre piste concerne le cortisol, souvent associé à la réponse de l’organisme au stress. Selon les hypothèses rapportées dans le texte source, des niveaux élevés de stress physiologique pourraient favoriser agitation et sautes d’humeur.
Et la déshydratation dans tout ça ?
Quand il fait très chaud, nous perdons davantage d’eau à travers la transpiration. Une hydratation insuffisante peut alors accentuer la fatigue et certains troubles cognitifs, ce qui peut rendre plus difficile la gestion des émotions.
La bonne attitude pendant une canicule consiste donc aussi à penser à boire régulièrement, même avant d’avoir une sensation de soif importante.
Peut-on éviter le « mode cocotte-minute » ?
Impossible de contrôler la météo, mais certains réflexes peuvent aider à mieux supporter les fortes chaleurs : privilégier un environnement frais, boire régulièrement, essayer de préserver son sommeil et éviter autant que possible les efforts physiques aux heures les plus chaudes.
Et surtout, si vous vous sentez plus à cran pendant une canicule, inutile de culpabiliser. La chaleur peut réellement mettre l’organisme à rude épreuve. L’essentiel est de reconnaître ces signaux et de s’accorder davantage de repos et de fraîcheur lorsque le thermomètre s’emballe.





