Magic Garden Light Festival illumine le vélodrome de Casablanca
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À partir du 27 mars 2026, Casablanca s’apprête à changer de visage à la tombée de la nuit. Le mythique Vélodrome d’Anfa accueille la première édition du Magic Garden Light Festival, une expérience immersive qui conjugue art lumineux, scénographie monumentale et réhabilitation patrimoniale. Porté par l’initiative “Go Vélodrome”, l’événement se tiendra jusqu’au 10 mai 2026, avec l’ambition affichée d’inscrire durablement la métropole dans la cartographie des grandes capitales culturelles.
Selon le communiqué officiel, le festival se veut une « épopée lumineuse » transformant le crépuscule casablancais en une promenade sensorielle inédite. Chaque soir, de 19 heures à minuit, le site historique se métamorphose en un jardin enchanté où cerfs majestueux, girafes lumineuses, cygnes scintillants et installations végétales phosphorescentes composent un parcours immersif de 60 à 90 minutes. Une renaissance culturelle au cœur d’Anfa
Classé patrimoine national depuis 2013, le Vélodrome d’Anfa entame ici une nouvelle phase de son histoire. Longtemps témoin silencieux des mutations urbaines, il devient le théâtre d’une activation culturelle d’envergure. L’initiative “Go Vélodrome” entend en faire un parc urbain multifonctionnel, capable d’accueillir sport, art, loisirs et événements saisonniers.
Cette stratégie de reconversion s’inscrit dans une tendance internationale forte. De Paris à Dubaï, les grandes métropoles investissent leurs friches et sites historiques pour créer des expériences immersives nocturnes. Le succès du Dubai Garden Glow ou des parcours lumineux parisiens a démontré l’appétence du public pour ces formats hybrides mêlant technologie, scénographie et narration artistique. Casablanca rejoint ainsi ce mouvement mondial, avec une proposition adaptée au contexte marocain et à ses attentes familiales.
Une scénographie entre poésie et technologie
Le Magic Garden Light Festival repose sur six piliers structurants : art immersif, technologie lumineuse de pointe, poésie visuelle, célébration de la nature, dimension intergénérationnelle et réappropriation artistique de l’espace urbain. Le visiteur ne se contente pas de regarder ; il traverse un récit visuel pensé comme une parenthèse hors du temps.
Dans un contexte où les expériences culturelles doivent rivaliser avec la saturation numérique et l’économie de l’attention, ce type de parcours offre une alternative tangible. Les installations géantes, inspirées du monde animal et végétal, dialoguent avec les arbres existants et redessinent les perspectives du site. La lumière devient langage, architecture et émotion.

Un rendez-vous stratégique pour le printemps 2026
Le positionnement calendaire n’est pas anodin. Aligné sur les vacances scolaires et la saison printanière, le festival vise une fréquentation soutenue durant plus de six semaines. Cette période charnière, marquée par une reprise des sorties culturelles et une météo clémente, constitue une fenêtre stratégique pour tester la capacité d’attraction du site.
Au Maroc, le secteur des événements culturels connaît un regain d’intérêt, porté par une nouvelle génération de publics urbains en quête d’expériences premium accessibles. L’essor des festivals thématiques, des marchés créatifs et des expositions immersives traduit cette évolution des usages. Dans ce contexte, le Magic Garden Light Festival se positionne comme un produit culturel structurant, susceptible de devenir un rendez-vous annuel.
Une vision à long terme pour le Vélodrome
Au-delà de l’événement ponctuel, l’ambition est claire : installer le Magic Garden comme plateforme artistique pérenne. Le projet préfigure une programmation évolutive, capable de se décliner selon les saisons, que ce soit au printemps, durant le Ramadan ou en fin d’année. Cette logique de continuité est essentielle pour transformer un succès événementiel en dynamique durable.
La réhabilitation du Vélodrome d’Anfa répond également à une urgence patrimoniale. Dans un paysage urbain en constante mutation, préserver et activer les lieux historiques devient un enjeu de cohésion sociale et d’identité collective. En investissant la culture comme moteur de transformation, “Go Vélodrome” propose un modèle hybride associant mémoire et innovation.
Une promesse d’optimisme urbain
Dans une époque marquée par les tensions économiques et les incertitudes globales, les initiatives culturelles à forte dimension immersive offrent une respiration nécessaire. Le Magic Garden Light Festival capitalise sur cette aspiration au rêve collectif sans tomber dans l’excès spectaculaire. L’approche demeure structurée, maîtrisée et alignée sur une vision de développement urbain cohérente.
Casablanca expérimente ainsi un nouveau récit nocturne. Le Vélodrome, autrefois dédié aux exploits sportifs, devient un écrin de lumière et de créativité. Si la première édition tient ses promesses, la métropole pourrait bien inscrire durablement ce rendez-vous dans son agenda culturel, consolidant sa position parmi les villes africaines les plus dynamiques en matière d’innovation artistique.
L’enjeu dépasse la simple attraction saisonnière. Il s’agit d’ancrer un nouveau réflexe culturel, de redonner aux Casablancais le goût des promenades nocturnes scénographiées et de démontrer que patrimoine et modernité peuvent dialoguer avec harmonie. Le pari est audacieux, mais les premières lueurs du Magic Garden laissent entrevoir un printemps lumineux pour la Ville Blanche.

