Musée MACAAL: trois nouvelles installations captivantes
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Le Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL), situé à Marrakech, continue de s’imposer comme un acteur clé de la scène artistique africaine. Le 8 février 2026, le musée dévoilera trois nouvelles installations qui promettent de captiver les visiteurs par leur engagement social et leur audace esthétique. Ces œuvres, intitulées Statues Also Breathe, Crazy Lines et Ilā Turāb, marquent une étape importante dans l’exploration des récits collectifs, des transitions visuelles et des liens entre l’homme et la terre.
Statues Also Breathe : un hommage à la résilience collective
Sous l’égide de la Catharsis Arts Foundation, Statues Also Breathe, conçue par l’artiste française Prune Nourry, est bien plus qu’une installation sculpturale. Cette œuvre collaborative mobilise des artisans, des étudiants nigérians et les familles des lycéennes de Chibok enlevées par Boko Haram en 2014. Réalisée à Ile-Ife, ce projet revisite la tradition Yoruba de la sculpture en terre cuite en produisant 108 têtes façonnées par des mains multiples.
L’installation dépasse la simple contemplation esthétique. Elle incarne un acte de mémoire et de transmission, rendant hommage aux jeunes filles disparues tout en défendant l’éducation des filles à l’échelle mondiale. Un documentaire accompagne cette création, donnant la parole aux mères, survivantes et contributeurs du projet. Après avoir été exposée à Lagos et dans d’autres villes internationales, l’œuvre trouve une nouvelle résonance à Marrakech, où elle s’inscrit dans la mission du MACAAL de promouvoir un dialogue artistique inclusif.
Crazy Lines : l’univers éclectique de Yassine Balbzioui
Conçue pour le MACAAL, Crazy Lines de Yassine Balbzioui transforme l’escalier du musée en un théâtre visuel. L’artiste marocain, connu pour sa fascination pour les masques et les figures hybrides, a imaginé une œuvre immersive entre peinture murale, sculptures et fresques. À travers un jeu de densité et de mouvement, il invite les visiteurs à s’arrêter, à observer et à interagir avec cet espace de transition.
Produit lors d’une résidence artistique au MACAAL, ce travail illustre une maîtrise technique et une vision cosmologique unique. En investissant un lieu de passage, Balbzioui redéfinit la fonction architecturale de l’escalier, le transformant en une expérience engageante où le spectateur devient acteur.
Ilā Turāb : une méditation sur le retour à la terre
Dans une approche minimaliste et introspective, Fatiha Zemmouri propose Ilā Turāb, une œuvre au sol réalisée en calligraphie arabe diwani. Cette installation relie deux fragments de phrases : min turāb (« issu de la terre ») et ilā turāb (« à la terre »). En progressant dans l’espace, les visiteurs découvrent un texte qui évolue de l’illisible au lisible, symbolisant un retour cyclique à la terre.
L’utilisation de la terre, matériau principal, confère à cette intervention une texture et une fragilité palpables. Une partie de la matière provient de la région de Tahanaout, renforçant le lien avec l’environnement marocain. Cette œuvre résonne comme un hommage à la mémoire et à la transcendance, tout en rappelant la connexion universelle entre les êtres humains et la nature.
Un musée au service de l’art et de la communauté
Avec ces nouvelles installations, le MACAAL réaffirme son rôle en tant que plateforme culturelle essentielle en Afrique. En combinant art contemporain, mémoire collective et engagement social, le musée offre un espace où les visiteurs peuvent explorer des thèmes universels à travers des perspectives africaines. Ces expositions temporaires, intégrées au parcours permanent Seven Contours, One Collection, témoignent de l’engagement du MACAAL envers une vision inclusive et dynamique de l’art.
En accueillant des artistes locaux et internationaux, le musée construit des ponts entre les cultures et les générations, consolidant son statut de pionnier dans la promotion de l’art contemporain africain.





