Travail : connaissez-vous le brown-out ?
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Après le burn-out et le bore-out, un nouveau mal du travail s’invite dans les entreprises : le brown-out, ou sentiment de perte de sens au travail. Contrairement à l’épuisement physique ou à l’ennui, le brown-out touche l’esprit et l’engagement : les missions paraissent absurdes, les valeurs de l’entreprise ne sont plus partagées, et le salarié se sent progressivement démotivé.
Quand le travail perd son sens
D’après André Spicer et Mats Alvesson, auteurs de The Stupidity Paradox, le brown-out résulte de tâches perçues comme « stupides » ou contraires aux convictions personnelles. Yohann Marcet, co-auteur de Brown-out ; quand le travail perd son sens, explique que ce désalignement crée une démotivation lente mais intense. Exemples typiques : rédiger des communications mensongères, se plier à une hiérarchie rigide ou participer à des projets sans cohérence avec ses valeurs.
Une réalité préoccupante en France
Le phénomène touche une large partie des salariés : 54 % des travailleurs français se déclarent désengagés ou démotivés, contre une moyenne mondiale de 37 %, selon Ipsos. Parmi les jeunes diplômés, 80 % affirment avoir besoin de se projeter et de donner du sens à leurs missions pour s’impliquer pleinement.
Le brown-out s’impose donc comme un signal d’alerte pour les entreprises : repenser la culture interne, clarifier les missions et valoriser l’autonomie pourrait contribuer à redonner du sens et prévenir cette forme silencieuse de mal-être professionnel.


